Le CMPC (Coût Moyen Pondéré du Capital) est considéré comme un coût d’opportunité car il représente le rendement auquel les investisseurs (actionnaires et créanciers) renoncent en investissant leurs fonds dans l’entreprise plutôt que dans d’autres actifs disponibles sur le marché présentant un profil de risque équivalent.
Voici les raisons détaillées justifiant cette qualification :
1. L’existence d’alternatives d’investissement (Le choix du marché)
Les investisseurs ne sont pas obligés de financer une entreprise spécifique. Ils observent le marché des capitaux et ont la possibilité d’investir dans diverses catégories d’actifs (actions, obligations).
- En allouant leurs fonds à un projet ou une entreprise, ils se privent du rendement qu’ils auraient pu obtenir ailleurs.
- Le CMPC matérialise cette « offre du marché » : c’est le taux de rentabilité moyen que l’investisseur pourrait raisonnablement attendre d’un portefeuille d’actifs alternatifs ayant le même niveau de risque.
2. La comparaison à risque équivalent
Ce coût d’opportunité est indissociable de la notion de risque.
- Pour les créanciers, le coût d’opportunité correspond au taux qu’ils obtiendraient en prêtant à une autre entreprise de même qualité de signature (probabilité de défaut équivalente).
- Pour les actionnaires, le coût d’opportunité est calculé via le MEDAF (Modèle d’Évaluation des Actifs Financiers). Il correspond au taux sans risque majoré d’une prime de risque. Si l’entreprise ne rémunère pas ce risque à hauteur de ce que le marché propose pour un risque systématique (Bêta) identique, l’actionnaire subit une perte d’opportunité.
3. La mesure de la destruction de valeur (La perte d’opportunité)
Si un projet dégage une rentabilité inférieure au CMPC (par exemple 4% pour un CMPC de 7%), l’entreprise ne génère pas nécessairement une perte comptable, mais elle génère une perte d’opportunité pour ses financeurs.
- Les investisseurs ont gagné 4, alors qu’ils auraient pu gagner 7 sur le marché. Ils ont donc « perdu » 3.
- C’est cette perte d’opportunité qui définit la destruction de valeur.
4. La logique du gérant d’actifs
La finance d’entreprise place l’investisseur dans la posture d’un gérant d’actifs. Pour justifier l’allocation de fonds à l’entreprise, celle-ci doit promettre de « battre le marché » (son benchmark).
- Si l’entreprise ne fait que suivre le marché (rentabilité = CMPC), elle ne crée pas de valeur supplémentaire (VAN = 0).
- La valeur n’est créée que si la rentabilité du projet l’emporte sur ce coût d’opportunité (le rendement offert par le marché).
En résumé, le CMPC est le prix du temps et du risque fixé par le marché. C’est le seuil de rentabilité minimum que l’entreprise doit atteindre pour compenser ses investisseurs d’avoir choisi son projet plutôt qu’une autre opportunité boursière ou obligataire disponible.