De la biotech à la Big Pharma ?

La biotech Moderna tient à conserver son indépendance dans le monde pharmacologique

Habituellement, les firmes de biotechnologie développent des médicaments pour les porter en phase 1 ou 2, souvent avec l’aide financière des grands firmes pharmaceutiques, puis sont rachetées par ces mêmes firmes en cas de succès. Au contraire Moderna a l’ambition claire de conserver son indépendance, en se dotant même de son propre outil industriel.

Le 22 avril, la société annonçait une prise de participation dans Jio, la filiale de télécommunications du conglomérat indien Reliance (propriétaire du plus vieux magasin de jouets au monde, Hamleys…), dont la valeur boursière avoisine 115 milliards de dollars.

Le 14 février dernier, Carnival Corporation & Plc affichait un cours de bourse de $49 pour une capitalisation boursière de plus de 33 milliards de dollars. Mais, à l’évidence, l’activité de croisiériste est particulièrement mise à mal par la pandémie

Mobiliser la finance pour parler du traitement d’une pandémie comme la COVID-19 peut apparaître dérisoire, mais les conclusions qu'on peut en tirer ne le sont pas. Pour les pharmas, il faut dépasser la seule prise en compte de bénéfices identifiés dans l’allocation des ressources, surtout dans l’investissement immatériel (technologie, compétences, etc.). 

Le phénomène le plus remarquable dans l'ascension financière de Zoom est constaté depuis 7 semaines environ. L’évolution du COVID19 n’a pas encore produit ses effets sur les places boursières, la chute des bourses ne démarrant que le 21 février. Par contre, Zoom va voir son cours progresser de $70 le 27 janvier pour atteindre un pic de $125 le 5 mars, avant de retomber à $107 le 13 mars. Isolement forcé ou volontaire, télétravail et limitation des contacts ont montré le formidable outil que constituait la vidéoconférence et Zoom, parmi d’autres, a conquis sa crédibilité d’affaires auprès des clients comme des marchés.

Avec plus de 200 milliards de dollars de capitalisation boursière, Toyota arrive en tête du secteur automobile, loin devant la firme allemande VAG qui produit un peu plus de véhicules (10.8 millions, par rapport à 10.7 pour Toyota) mais dont la valeur boursière dépasse à peine 90 milliards. VAG était numéro 2 jusqu’à début décembre 2019. Alors, le cours de bourse de Tesla était de $336, ce qui représentait une capitalisation de 60 milliards de dollars.

Le 15 août dernier, Harry Markopolos, lanceur d’alerte bien connu prédisait la fin prochaine de General Electric dans un rapport intitulé « General Electric, a bigger fraud than Enron ». Le papier a causé beaucoup de remous mais ne semblait être que quelques ronds dans l'eau.

Depuis la production du podcast/vidcast consacré à la débâcle de KraftHeinz (KHC), il y a eu deux publications et une annonce.

Si le nouveau CEO augmente le ROCE de manière durable, le cours de bourse va remonter pour le grand bien de ses actionnaires et de son patrimoine personnel. S’il fait croître le chiffre d’affaires, mais sans améliorer la rentabilité, il n’y aura pas de création de valeur, car seule la rentabilité crée de la valeur dans le long terme. Mais, comment augmenter le ROCE ? Par de nouvelles réductions de coûts … ? Doit-on s’attendre à de nouvelles dépréciations si la performance financière ne se rétablit pas ?

Lee Iaccoca, décédé au mois de juillet dernier, est entré dans la légende de l’industrie automobile US en 1978, en redressant Chrysler (avec un coup de pouce d’un milliard de dollars du gouvernement…) alors en pleine déconfiture. Que penserait-il de la dissolution de son entreprise dans une fusion avec plusieurs entreprises internationales dans un contexte de mondialisation ?