L’utilisation des valeurs de marché (valeurs financières) pour pondérer le Coût Moyen Pondéré du Capital (CMPC) est une règle « sans ambiguïté », essentielle pour refléter la réalité économique de l’investissement.
Voici les raisons fondamentales et les modalités de cette règle :
1. La logique économique : Le coût de restitution des fonds
La justification principale repose sur le coût réel des capitaux pour l’entreprise et ses investisseurs à l’instant T.
- Le principe de restitution : Si l’entreprise disposait de liquidités excédentaires et décidait de rembourser ses actionnaires et ses créanciers aujourd’hui (tout en conservant sa structure financière), elle ne le ferait pas à la valeur comptable historique, mais à la valeur de marché actuelle. Elle rachèterait ses actions au cours de bourse et rembourserait sa dette à sa valeur actuarielle.
- Le coût d’opportunité : Pour l’investisseur, le capital investi dans l’entreprise vaut ce qu’il pourrait en tirer aujourd’hui s’il le vendait sur le marché. C’est sur cette valeur actuelle que s’applique son exigence de rentabilité.
- La levée de fonds : De même, si l’entreprise devait lever de nouveaux capitaux pour financer un projet, elle émettrait ses actions à leur valeur de marché actuelle, non à leur valeur comptable historique.
Utiliser des valeurs comptables (coûts historiques) fausserait le calcul, car elles ne reflètent que le passé et ignorent la valeur créée (ou détruite) depuis l’origine ainsi que les attentes actuelles des investisseurs.
2. Comment déterminer ces valeurs ?
- Pour les Capitaux Propres (Actions) : On utilise la capitalisation boursière (Nombre d’actions × Cours de l’action). C’est la valeur que le marché attribue aux fonds propres de l’entreprise.
- Pour la Dette Financière : On utilise la valeur actuarielle (ou valeur financière) de la dette.
- Note pratique : Si les taux d’intérêts n’ont pas beaucoup varié depuis l’émission de la dette et que la signature de l’entreprise ne s’est pas dégradée, la valeur comptable de la dette est souvent considérée comme une approximation acceptable de sa valeur financière.
3. Le cas particulier des sociétés non cotées
Pour une entreprise non cotée, il n’existe pas de capitalisation boursière observable. Deux approches sont alors possibles :
- L’estimation par comparables : On estime la valeur fondamentale des capitaux propres en s’inspirant des multiples de valorisation de sociétés comparables cotées.
- L’approximation comptable (avec prudence) : À défaut, on peut utiliser la structure financière comptable en première approximation, mais en étant conscient que cela peut sous-estimer le coût des capitaux propres si la valeur réelle de l’entreprise est très supérieure à sa valeur comptable.