La valeur résiduelle d’un actif (sa valeur de revente ou de récupération à la fin du projet) est traitée comme un flux de trésorerie entrant additionnel lors de la dernière année du projet.
Voici les étapes détaillées pour l’intégrer correctement dans le calcul de la Valeur Actuelle Nette (VAN) :
1. Intégration au dernier Cash-Flow
La valeur résiduelle n’est pas soustraite de l’investissement initial, mais elle est ajoutée au dernier flux de trésorerie d’exploitation (à l’année n). Elle doit être considérée comme une entrée de fonds réelle qui vient augmenter la richesse créée par le projet.
2. Le traitement fiscal (Impôt sur la plus-value)
Le point crucial est de calculer la valeur résiduelle nette d’impôt. En effet, la revente de l’actif peut générer une plus-value imposable si le prix de cession est supérieur à sa valeur nette comptable (VNC).
Le calcul se fait ainsi :
- Calcul de la plus-value :
- Calcul du flux net :
Attention, le taux d’imposition des plus-values peut être différent du taux d’imposition des profits d’exploitation. De plus, si le projet génère une moins-value de cession, celle-ci peut être mobilisée pour économiser l’impôt qui aurait été généré par une autre cession réalisée dans l’entreprise et qui aurait dégagé une plus-value du même montant ou d’un montant supérieur.
3. L’impact du mode d’amortissement
Le montant de l’impôt dépend de la politique d’amortissement adoptée durant la vie du projet d’investissement :
- Cas de la valeur résiduelle non garantie (le plus fréquent) : L’entreprise amortit généralement la totalité de l’actif sur sa durée de vie. La VNC est donc nulle (0) à la fin. Par conséquent, la totalité du prix de revente constitue une plus-value imposable.
- Cas de la valeur résiduelle certaine (ou garantie) : Si la valeur de revente est garantie (ex: contrat de reprise par le fournisseur), l’entreprise ne doit amortir que la différence entre le coût d’achat et cette valeur résiduelle. À la fin, la VNC est égale au prix de cession. Il n’y a donc pas de plus-value, ni d’impôt à payer à la fin. En contrepartie, l’entreprise a bénéficié de moins d’économies d’impôts sur les amortissements durant la vie du projet (base amortissable plus faible).
4. Actualisation et sensibilité
Comme tout flux futur, ce montant net doit être actualisé au Coût Moyen Pondéré du Capital (CMPC) pour être ramené à sa valeur à la date 0. Il est à noter que, du fait de l’actualisation (surtout pour des projets longs), la valeur résiduelle a souvent un impact marginal sur la VAN globale. Elle est souvent considérée comme un paramètre “risqué mais non sensible” dans l’analyse de sensibilité : même si sa valeur varie, cela change rarement la décision d’investissement.