Question fréquentes

Pourquoi faut-il actualiser des cash-flows nominaux avec un taux nominal en période d’inflation?

Il est impératif d’actualiser des cash-flows nominaux avec un taux nominal en période d’inflation pour respecter la cohérence financière et, surtout, pour capturer la réalité économique des inflations différentielles qui affectent l’entreprise.

Voici les raisons détaillées basées sur vos sources :

1. La distinction entre inflation « Macro » et « Micro »

L’approche théorique simplifiée suggère parfois de travailler en « termes réels » (cash-flows sans inflation actualisés avec un taux d’intérêt réel). Cependant, cette méthode est jugée erronéeen pratique car elle suppose implicitement que le taux d’inflation macroéconomique (qui influence le taux d’actualisation) est identique au taux d’inflation subi par l’entreprise sur tous ses postes de revenus et de coûts.

Or, la réalité est celle de l’inflation différentielle. Il n’y a pas un seul taux d’inflation, mais plusieurs :

  • L’inflation macroéconomique (par exemple 4%) influence les taux d’intérêt et donc le Coût Moyen Pondéré du Capital (CMPC) nominal.
  • L’inflation microéconomique affecte les flux de trésorerie de manière hétérogène : les prix de vente peuvent augmenter de 3%, tandis que le coût des matières premières grimpe de 5% et que celui de l’énergie explose.

2. La modélisation des effets de ciseaux

Utiliser des flux nominaux permet de modéliser explicitement ces écarts. Si l’on travaillait en termes réels, on masquerait le risque que les coûts unitaires augmentent plus vite que les prix de vente, créant un effet de ciseausur la marge. Calculer des flux nominaux oblige à prévoir l’évolution spécifique de chaque poste (salaires, énergie, matières).

3. Le traitement spécifique de l’amortissement

Certains postes comptables ne subissent pas l’inflation. C’est le cas de l’amortissement, qui est calculé sur la valeur historique d’acquisition des actifs (coût historique),.

  • En période d’inflation, l’amortissement reste constant en valeur nominale (0% d’inflation), ce qui signifie que sa valeur réelle diminue.
  • Comme l’amortissement génère une économie d’impôt (flux de trésorerie), ne pas modéliser les flux en nominal fausserait le calcul de cet avantage fiscal et, par conséquent, de la valeur créée.

En conclusion, pour éviter des erreurs de gestion lourdes de conséquences, la règle est de projeter des cash-flows nominaux (intégrant les inflations spécifiques à chaque poste) et de les actualiser avec un CMPC nominal (reflétant les attentes de rendement du marché incluant l’inflation macroéconomique).