La Valeur Actuelle Nette (VAN) et le Taux de Rentabilité Interne (TRI) sont deux critères centraux de la décision d’investissement, mais ils reposent sur des logiques financières distinctes. La VAN mesure la création de richesse absolue : elle correspond à la somme des flux de trésorerie futurs actualisés au Coût Moyen Pondéré du Capital (CMPC), diminuée du montant de l’investissement initial. Si la VAN est positive, le projet crée de la valeur car il rapporte plus que ce qu’exigent les investisseurs pour rémunérer leur risque.
Le TRI, quant à lui, est une mesure de performance relative. Il se définit comme le taux d’actualisation qui annule la VAN. C’est le taux de rendement intrinsèque du projet. Si ce taux est supérieur au CMPC (le taux “hurdle” ou seuil), le projet est jugé acceptable car il génère un rendement supérieur au coût des ressources mobilisées.
Cependant, le TRI présente une faille conceptuelle majeure liée à l’hypothèse de réinvestissement des flux intermédiaires. Mathématiquement, le calcul du TRI suppose implicitement que les cash-flows générés par le projet au cours de sa vie sont réinvestis à ce même taux (le TRI) jusqu’à la fin du projet. Cette hypothèse est souvent irréaliste, surtout pour des projets très rentables affichant des TRI élevés (par exemple 30% ou 40%). Il est en effet peu probable que l’entreprise trouve systématiquement des opportunités de réinvestissement offrant une telle rentabilité.
À l’inverse, la VAN suppose que les flux intermédiaires sont réinvestis au CMPC, ce qui est une hypothèse beaucoup plus conservatrice et réaliste : l’entreprise peut toujours, a minima, rembourser ses sources de financement (dette et capitaux propres) ou réinvestir dans des actifs au risque similaire. C’est pourquoi, en cas de conflit entre la VAN et le TRI (par exemple pour des projets de tailles ou de durées différentes), la théorie financière privilégie la VAN. Pour pallier le défaut du TRI, il est recommandé d’utiliser le Taux de Rentabilité Modifié (TRM), qui calcule le rendement en capitalisant les flux positifs au CMPC et en actualisant les flux négatifs au CMPC, offrant ainsi une mesure de rentabilité plus “réaliste” et robuste.