Question fréquentes

Comment calcule-t-on la Valeur Terminale dans une évaluation d’entreprise ?

La Valeur Terminale (VT) est un élément critique de l’évaluation d’entreprise par la méthode des flux actualisés (DCF). Elle représente la valeur de l’entreprise au-delà de l’horizon de prévision explicite (généralement 5 à 10 ans), en supposant que l’activité se poursuit à l’infini.

Voici les étapes et méthodes de calcul :

1. La méthode de la Rente Perpétuelle (Gordon-Shapiro)

C’est la méthode la plus couramment décrite. Elle consiste à capitaliser le dernier flux de trésorerie normatif à l’infini.

La formule de base : La valeur terminale à l’année N (fin de la période explicite) se calcule ainsi :

VTN=FCFN+1/(CMPCg)

Ou, en partant du flux de l’année N :

VTN=FCFN×(1+g)/(CMPCg)

  • FCF (Free Cash-Flow) : Il s’agit du flux de trésorerie disponible normatif. Les praticiens insistent sur la nécessité d’ajuster ce flux pour qu’il soit représentatif d’un “régime de croisière” (ajustement du BFR et des investissements à des niveaux normatifs).
  • g (Taux de croissance) : C’est le taux de croissance perpétuelle des flux.
  • CMPC : Le Coût Moyen Pondéré du Capital (taux d’actualisation).

L’actualisation : Ce montant VTN est une valeur située dans le futur (à l’année N). Pour obtenir sa valeur aujourd’hui, il faut l’actualiser :

Valeur Terminale Actualisée=VTN/(1+CMPC)N

2. La méthode par le Résultat Économique (Economic Profit)

I est  proposé une méthode alternative plus prudente pour éviter de surévaluer l’entreprise. Au lieu de projeter des cash-flows à l’infini, on projette la performance économique.

  • Le principe : On considère que la capacité de l’entreprise à “battre le marché” (générer une rentabilité supérieure au coût du capital) va s’éroder avec le temps sous la pression de la concurrence.
  • Le calcul : On calcule la valeur terminale en ajoutant aux Capitaux Engagés (à l’année N) la somme actualisée des Résultats Économiques (Economic Profit) futurs.
  • L’avantage (Le “Fade”) : Cette approche permet de modéliser une décroissance de la performance (le fade). Par exemple, on peut prévoir que le Résultat Économique (écart entre rentabilité et CMPC) baisse progressivement (ex: -1% par an) jusqu’à se stabiliser ou devenir nul, reflétant une vision plus réaliste de la concurrence à long terme.

3. Les points de vigilance

Le calcul de la valeur terminale est extrêmement sensible et comporte des risques majeurs d’erreur d’évaluation :

  • Le poids dans la valeur totale : La valeur terminale actualisée représente souvent une part très significative, voire majoritaire, de la valeur totale de l’entreprise. Cela signifie que la valeur repose principalement sur des événements très lointains et incertains.
  • Le choix du taux de croissance (g) : Il ne faut pas faire “monter les arbres jusqu’au ciel”. Il est recommandé d’être prudent :
    • Le taux g ne doit pas dépasser le taux de croissance de l’économie (PIB) ou l’inflation à long terme.
    • Il est même suggéré d’envisager des taux de croissance négatifs (ex: -2% ou -3%) pour refléter l’érosion des marges ou la fin de la croissance en volume.

La cohérence des investissements : Pour soutenir un taux de croissance g à l’infini, l’entreprise doit continuer à investir. Le flux normatif doit donc inclure un niveau d’investissement suffisant (Capex et BFR) cohérent avec ce taux de croissance.