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Comment calculer le TRI actionnaire dans le cas d’un investissement à l’étranger ?

Le calcul du TRI actionnaire dans le cadre d’un investissement à l’étranger (cross-border) diffère du calcul du TRI du projet local. Il ne se base pas uniquement sur la performance opérationnelle locale, mais sur les flux de trésorerie effectifs échangés entre la maison-mère et sa filiale étrangère, après conversion monétaire.

Voici la méthodologie détaillée pour effectuer ce calcul :

1. Identifier les flux de capitaux (Apports et Retours)

Le TRI actionnaire se calcule à partir de la séquence des flux de fonds « Apports / Retours » du point de vue de l’investisseur (la maison-mère).

  • Les Apports (Flux négatifs) : Ce sont les fonds envoyés par la maison-mère pour financer le projet. Ils comprennent l’investissement initial en capitaux propres et les éventuelles augmentations de capital ultérieures nécessaires pour maintenir la structure financière cible ou couvrir des pertes de démarrage.
  • Les Retours (Flux positifs) : Ce sont les fonds que le projet renvoie à l’actionnaire lorsqu’il dispose de trésorerie excédentaire par rapport à ses besoins d’exploitation et de remboursement de dette. Ils prennent la forme de dividendes, de réductions de capital ou de remboursements de comptes courants d’actionnaires.

2. Convertir les devises (L’impact de l’inflation différentielle)

C’est l’étape critique. Les flux du projet sont générés en monnaie locale (ex: Roupie indienne), mais l’actionnaire raisonne dans sa propre devise (ex: Euro). Pour convertir les flux futurs prévisionnels, il est recommandé d’utiliser la Théorie de la Parité des Pouvoirs d’Achat (PPA).

  • Le principe : Le taux de change entre deux devises évolue en fonction du différentiel d’inflation entre les deux pays.
  • La règle : Si l’inflation locale est supérieure à l’inflation du pays de l’actionnaire, la monnaie locale va se dévaluer.
  • Exemple : Pour un projet en Inde (inflation 6%) avec un investisseur européen (inflation 2,5%), la Roupie indienne (INR) devrait se dévaluer d’environ 3,5% par an par rapport à l’Euro.

3. Le calcul du TRI

Une fois les flux convertis dans la devise de l’actionnaire, on calcule le TRI de cette séquence de flux (le taux d’actualisation qui annule la VAN des apports et retours convertis).

Résultat : Le TRI actionnaire sera différent du TRI du projet local.

4. Interprétation : La comparaison avec l’exigence de rentabilité

Pour savoir si cet investissement crée de la valeur pour l’actionnaire, ce TRI calculé doit être comparé à l’exigence de rentabilité des capitaux propres E(RCP) du Groupe. Pour un projet international, cette exigence se calcule en additionnant trois composantes, :

  1. Le taux sans risque du pays de l’actionnaire.
  2. La prime de risque classique (Bêta du projet ´ Prime de Risque du Marché Actions).
  3. Une Prime de Risque Pays : Elle correspond au risque spécifique du pays d’accueil (instabilité, risque politique) et peut être estimée via le taux des CDS (Credit Default Swaps) de la dette souveraine de ce pays.

Si le TRI actionnaire calculé est supérieur à cette exigence globale, alors l’investissement à l’étranger est créateur de valeur pour le Groupe.