Question fréquentes

Pourquoi un projet de R&D est-il considéré comme un processus séquentiel de construction d’options plutôt qu’une option en soi ?

Un projet de R&D n’est pas considéré comme une option en soi, mais comme un processus séquentiel de construction d’options, principalement parce qu’au début du projet, l’entreprise ne détient pas encore le droit d’agir (produire et vendre), qui est la définition même d’une option.

Voici les arguments détaillés expliquant cette distinction :

1. L’absence de « droit » initial

Une option se définit comme un droit (contractuel, légal ou économique) de prendre une décision future, comme lancer un produit. Or, au démarrage d’un projet de R&D, l’entreprise ne dispose pas de ce droit. Elle a seulement une idée ou une molécule candidate. Tant que la faisabilité technologique n’est pas prouvée et que les autorisations réglementaires (comme l’agrément de la FDA pour un médicament) ne sont pas obtenues, l’entreprise n’a pas la possibilité de commercialiser. Par conséquent, le projet de R&D sert à construire ce droit, étape par étape.

2. Un processus d’accumulation d’information (revues de projet)

Le projet est structuré en étapes successives, rythmées par des revues de projet.

  • À chaque étape, l’entreprise paie une “prime” (le coût de la phase de recherche) pour acquérir de l’information et réduire l’incertitude technique ou commerciale.
  • Ce processus permet de décider de la poursuite (“Go”) ou de l’arrêt (“Stop”) du projet. C’est un mécanisme d’options composées ou “revolving”, où chaque étape donne le droit de passer à la suivante, mais ne garantit pas le succès final.

Il existe une distinction sémantique importante pour clarifier ce point :

  • L’option de projet (Processus) : C’est la gestion du projet lui-même, qui contient des options d’optimisation (PORO), principalement l’option d’abandonner si les résultats sont mauvais. C’est un processus « en cours de réalisation ».
  • L’option construite (Résultat) : C’est l’actif final obtenu en cas de succès (un brevet, une technologie validée, une autorisation de mise sur le marché). C’est seulement à ce moment-là que l’entreprise détient véritablement une option de croissance (GORO) qu’elle peut choisir d’exercer ou non.

3. L’investissement final comme exercice de l’option

La théorie considère que lancer l’investissement industriel (construire l’usine, lancer le produit) correspond à l’exercice de l’option d’achat construite par la R&D.

  • La valeur de l’actif sous-jacent est la somme des cash-flows prévisionnels du produit.
  • Le prix d’exercice est le montant des capitaux investis pour l’industrialisation.
  • L’option n’est exercée que si la Valeur Actuelle Nette (VAN) est positive, ce qui signifie que l’option est « dans la monnaie », donc économiquement exerçable.

En résumé, le projet de R&D ne confère initialement que le droit de se retirer (ne pas perdre plus d’argent). Le droit de gagner de l’argent (l’option de lancement) n’existe pas au départ ; il est le fruit progressif et incertain du travail de recherche.