Question fréquentes

Quelle est la relation entre la croissance, la performance financière (ROCE) et la création de valeur (MVA) ? La croissance est-elle toujours souhaitable ?

Il existe une idée reçue selon laquelle la croissance est synonyme de création de valeur. Or, l’analyse financière démontre que la croissance agit comme un amplificateur de la performance, mais qu’elle n’est pas une source de valeur en soi. La véritable source de la valeur réside dans la performance financière, définie comme la capacité d’une entreprise à dégager une rentabilité des capitaux engagés (ROCE) supérieure à son coût du capital (CMPC).

La relation se formalise par le concept de résultat économique (ou Economic Profit / EVA), qui est la différence entre le ROCE après impôts et le CMPC (EP en %), multipliée par le montant des capitaux investis (EP en $).

  • Si le ROCE > CMPC, l’entreprise crée de la valeur. Dans ce cas, plus la croissance est forte, plus la Market Value Added (MVA) — qui est la somme actualisée des résultats économiques futurs — sera élevée.
  • Si le ROCE < CMPC, l’entreprise détruit de la valeur. Dans cette configuration, la croissance est destructrice : investir davantage dans une activité non rentable ne fait qu’amplifier la destruction de richesse.

En résumé, la croissance n’est vertueuse que si elle est rentable. Comme le soulignent théoriciens et praticiens, « la croissance n’est pas ‘source’ de richesse, mais ‘accélérateur’ dans la transformation rentabilité / valeur ». Une entreprise doit d’abord assainir sa performance (ROCE > CMPC) avant de chercher à accélérer sa croissance, sous peine de détruire de la valeur plus rapidement. C’est pourquoi l’indicateur Market-to-Book (Valeur d’Entreprise – EV  divisée par les Capitaux Engagés) est corrélé positivement à l’écart entre le ROCE et le CMPC : il ne dépasse 1 que si la rentabilité excède le coût du financement (CMPC).

Cependant, il faut noter que la croissance des ventes peut générer des économies d’échelle si les coûts fixes croissent moins vite que les revenus. Alors, le coût total unitaire baisse, ce qui améliore d’autant la rentabilité commerciale et la rotation des capitaux, donc le ROCE, donc la performance et la création de valeur.