Au moment de sa création, une entreprise émet des droits de propriété (actions, parts sociales) qui sont vendus aux actionnaires fondateurs à leur valeur nominale (ou au nominal). Par exemple, si une entreprise a besoin de 100.000€ pour démarrer son activité, elle peut émettre 1.000 actions au nominal de 100€ par action (ou 10.000 actions au nominal de 10€, ou…). Chaque action représente un titre de propriété qui confère à son détenteur un droit sur la valeur de l’entreprise (un droit sur l’actif net social, pour être juridiquement et comptablement rigoureux !). Supposons qu’après deux années d’activité, l’entreprise doive faire appel, à nouveau, aux actionnaires pour financer une étape importante de sa croissance. Le besoin identifié est de 300.000€. Alors, elle va procéder à une augmentation de capital. Mais, pendant ses premiers mois d’activité, l’entreprise a vu sa valeur augmenter. En effet, son modèle de développement s’est crédibilisé, elle a convaincu ses premiers clients et, peut-être, dégagé ses premiers résultats positifs. Supposons que l’entreprise vaut, maintenant, 1 million d’Euros, chaque action vaut 1.000€, soit 1/1000ème de la valeur totale de l’entreprise. Chaque nouvelle action sera, donc, émise à cette valeur (ou à une valeur proche), car les actionnaires existants n’accepteront pas de « brader » leur patrimoine. En effet, toute nouvelle action a les mêmes droits qu’une ancienne (sauf exceptions …) et, donc, a la même valeur et le même prix d’achat. Ainsi, l’entreprise va émettre 300 nouvelles actions pour un prix unitaire de 1.000€ afin de récolter les fruits de l’augmentation de capital, à savoir les 300.000€ recherchés. Au niveau du bilan, ce montant va augmenter les capitaux propres, car il traduit un accroissement de l’investissement des actionnaires. Cependant, le montant total ne va pas augmenter le poste « capital social ». En effet, les nouvelles actions sont émises au même nominal que les anciennes, car elles ont les mêmes droits. Donc, le capital social va augmenter de 300 fois 100€, soit 30. 000€. Mais, les nouveaux entrants ont dû payer plus cher que les fondateurs pour disposer du même droit, ils ont dû payer une prime d’émission qui sera comptabilisée dans les capitaux propres aux cotés du capital social. Le bilan de l’entreprise va, ainsi, augmenter à l’actif de la trésorerie encaissée (300.000€) et, au passif, du même montant qui se retrouve dans les capitaux propres sous la forme de capital social additionnel (30.000€) et de primes d’émission (270.000€, soit la différence entre le prix payé -1.000€- et le nominal des titres -100€- multiplié par le nombre de titres émis -300-). Chaque nouvelle augmentation de capital se fera sur le même processus. On pourrait imaginer, ainsi, que le nominal d’une action ne change pas. En fait, ce chiffre va, éventuellement, évoluer au fur et à mesure d’un certain nombre d’évènements qui vont rythmer la vie de l’entreprise. Supposons, par exemple, que la valeur de chaque action devienne « trop » élevée, ce qui réduit la liquidité du titre en bourse (le prix de l’action la rend inaccessible au petit actionnaire). Alors, l’entreprise peut décider de diviser le nominal, par exemple par 10. Reprenons notre exemple : une action de nominal égal à 100€ va donner lieu à 10 actions de 10€ de nominal. La valeur de l’entreprise n’a pas été modifiée par cette transformation juridique et comptable, mais le nombre d’actions a été multiplié par 10 ; le cours de chaque action a, mécaniquement, été divisé par 10, ce qui rend le titre plus accessible, donc plus liquide. Ce long paragraphe était consacré au nominal d’une action. On parle, aussi, du nominal d’une obligation ou de tout titre financier pour lequel il constitue une sorte de valeur initiale de référence.